Pourquoi la collecte des SCPI baisse-t-elle fortement au deuxième trimestre 2020 ?

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Pourquoi la collecte des SCPI baisse-t-elle fortement au deuxième trimestre 2020 ?

La SCPI ou société civile de placement immobilier est un véhicule d’investissement de droit français qui offre un placement efficace en immobilier. Elles vont vous permettre de générer des loyers stables et durables dans le temps. C’est un placement bien connu, qui a déjà fait ses preuves et qui jouit d’un notoriété importante vis-à-vis des épargnants.

La collecte des SCPI est le résultat de la demande d’épargne durant un période donnée, il s’agit de la somme des flux financiers qui vont de l’épargne des ménages vers le capital d’une ou plusieurs SCPI via une ou plusieurs souscriptions. 

Ce placement est flexible et s'adapte à votre situation patrimoniale : 

-Si vous souhaitez vous constituer des compléments de revenus pour votre retraite (actuelle ou future), la SCPI en démembrement peut-être une solution intéressante.

-Si vous souhaitez vous constituer un capital sans y mettre vos fonds "propres", la SCPI via l’effet levier du crédit va vous créer un capital grâce au loyer perçu.

-Si vous voulez investir dans l'immobilier professionnel avec des budgets abordables sans contrainte de gestion, la SCPI est avantageuse.

Comme pour tous placements,  l’investissement s’accompagne de confiance et de sérénité. Le deuxième trimestre de l'année a été compliqué pour les SCPI comme tous les autres placements. 

 

Une baisse de la collecte sur une courte période

Avec le manque de visibilité et les mauvaises nouvelles, les personnes ayant de l’épargne ont plutôt eu tendance à attendre la fin du confinement pour souscrire à des parts de SCPI.

D’autres ont reporté leur projet à juillet – août ou bien même à la rentrée de septembre. Le second trimestre de cette année à donc subit beaucoup de décalage d’investissement.

Les sommes placées sur les livrets et les comptes-courants ont atteints des niveaux records. Avec la crise du COVID 19, les français ont préféré garder leur épargne de côté pour s'en sortir en cas de coup dur.

Les investisseurs qui ont acquis des parts de SCPI pendant le deuxième trimestre de cette année sont ceux qui l’avaient déjà fait ou ceux qui ont su relativiser vis à vis de la situation à court ou moyen terme. Quoi qu’il en soit, les craintes relatives à l’effondrement des loyers se sont avérées complètement surdimmensionnées. Le confinement a généré une baisse des loyers distribués. Les SCPI ont été victimes de cet effet sur une période très courte.

Pour rappel pendant la crise financière de 2008 et la crise conjecturelle qui s’en est suivie, la SCPI a très bien résisté, les loyers furent payés et depuis cette date, le prix des parts de SCPI n’a cessé d’augmenter.

 

Quid de l'immobilier de bureau ?

Avec le confinement, les entreprises ont demandé à leurs employés de rester travailler chez eux. Le télétravail est devenu la norme dans certain secteurs et les médias ont exposé les bureaux vides et peu occupés pendant cette période. Comme vous le savez surement, les SCPI ont beaucoup investi dans l'immobilier de bureaux : cette classe d’actifs est devenue peu attrayante et elle présente un avenir incertain (pour l'épargnant depuis la crise sanitaire).

Les "potentiels" investisseurs ont préféré retarder leur investissement par soucis de visibilité. Les intéressés ont préferé retarder de quelques mois leur investissement pour prendre le temps de la réflexion et aussi pour se rassurer du fait que la crise du Covid n’a pas brisé pour toujours l’attrait des entreprises pour les grands espaces de bureau.

 

Quid de l'immobilier de commerce ?

Les SCPI ont aussi beaucoup investi dans l'immobilier de commerce, un secteur qui lui aussi a été  fortement impacté avec la fermeture de tous les commerces non "essentiels" . Il est vrai que cela a été compliqué d’investir dans des véhicules d’épargne pour lesquelles les sources de revenus étaient mises à mal par un confinement brutal et plein d’incertitude.

Il faut se souvenir de notre état d’esprit le 17 mars dernier, jour du confinement généralisé. Nous étions tous dans l’inconnu et chacun d’entre nous faisait le point sur sa situation, notamment en termes de ressources financières.

Les magasins et boutiques ont dû fermer leur stores sans connaitre la suite des événements. Investir quelques semaines plus tard dans ces véhicules d'investissement était compliqué à envisager.

Et puis bien-sûr, la collecte a ralenti de part le manque de personnel dans les structures des sociétés de gestion : elles-mêmes impactées par les fermetures des agences bancaires (qui sont une réelle force de collecte pour la famille de produit qu’est la SCPI), et par le ralentissement de l’activité de conseil patrimonial.

 

Quelle avenir pour les SCPI ? 

Maintenant, nous pouvons juger des impacts courts termes et long termes. Qu’est-ce qui va réellement changer du point de vue immobilier professionnel, qu’est-ce qu’il va réellement découler de cette crise ?

Les investissements dans les bureaux faits par les SCPI l’ont été dans des immeubles avec des locataires "importants". Ce sont des acteurs pérennes qui disposent des fonds propres solides et ils sont par conséquent peu touchés par la crise que nous venons de traverser.

De plus, le télétravail présente de nombreux avantages mais avec du recul, il commence désormais à soulever de vrais questions, son établisssement à 100% n'est pas envisageable ni pour les salairés, ni pour les entreprises.

Du coup, les baux en cours ne sont toujours pas arrivés à échéance et les professionnels du secteur parient sur un renouvellement des baux liés au besoin toujours important de bureaux pour les grandes entreprises. Même les hôtels qui ont subi un revers majeur avec cette crise ont maintenu leurs baux et prévoient une reprise de l’activité à terme.

En ce qui concerne les locaux dit de diversification comme les locaux d’activité, de stockage, de logistique, ils n’ont pas été impacté pendant la crise et ils se sont même avérés nécessaire.

Les locaux liés à l’éducation et à la santé ont également très bien résisté à cette crise, ils ont même été mis en avant pendant le confinement. La collecte au second trimestre 2020 demeurera l’une des plus faibles enregistrée depuis de nombreuses années. Les SCPI sont des produits de consommation qui répondent aux besoins d’investissement et de placement. Elle ont vu la demande baisser comme tous les autres placements.

Depuis que la situation est "normalisée", la collecte a repris et la SCPI trouve toujours sa place sur le podium des "top". Elle est plébiscitée comme le placement qui a su le mieux resister à la crise.

 

L'auteur de l'article
Matthias GOGUET DE LA SALMONIERE

Diplômé d’un Master 2, spécialisé dans la finance, Matthias intervient depuis le début de sa carrière dans le conseil en gestion de patrimoine. Sa passion pour l’accompagnement et le développement vous offre un atout essentiel dans la gestion de votre patrimoine, tant personnel que professionnel.

Sa connaissance des mécanismes propres à la gestion de patrimoine vous donne accès à un préconisateur de premier ordre, vous faisant bénéficier des opportunités identifiées sur les différents marchés de la gestion privée.

Sa passion pour les sports de mer et de montagne lui permet de découvrir de nombreux horizons.

« La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre. » - Albert Einstein 

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