SCPI : L’immobilier de bureau va-t-il résister à la crise du COVID 19 ?

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SCPI : L’immobilier de bureau va-t-il résister à la crise du COVID 19 ?

 

Le confinement et le développement du télétravail auraient eu raison des bureaux ?

Comment un secteur aussi important pourrait mourir aussi vite ? Tout a commencé avec le confinement. Fin mars, le monde est à l’arrêt et le virus se propage à grande vitesse.

Les décisions prises par les États afin de limiter la propagation du COVID, sont drastiques. On ne peut plus se déplacer sans son autorisation, les enfants doivent rester à la maison et plus personne ne va au bureau. À partir de là, certains ont commencé à poser cette question : est-ce que le télétravail va « tuer » les bureaux ?

 

Y-at-il un boom du télétravail ?

 

Le télétravail se démocratise

D’après les chiffres de l’Insee, 3% des salariés pratiquent le télétravail au moins un jour par semaine en 2017. Post-confinement, 15% des salariés français télé-travaillent un jour par semaine. Les chiffres nous montrent que l’on ne peut pas parler de boom mais de hausse légère du télétravail.

 

Un engouement pour le télétravail pendant le confinement ?

On entre dans une nouvelle ère, on est dans l’obligation de télé-travailler tous les jours chez soi.

Pour certains actifs, cette nouvelle façon de travailler est devenu un vrai casse-tête chinois. Rappelons-le, les citadins vivent dans des petits appartements et rare sont ceux qui ont des espaces dédiés à leur travail. 

D’après les chiffres du réseau Anact-Aract, 1 salarié sur 3 a estimé que son environnement de travail chez lui était inadapté pendant le confinement.

Peut-on vraiment télé-travailler de chez nous avec nos enfants ou dans un espace exigu ?

Bien entendu les situations de chacun divergent mais c’est le moment de se poser la question. Cette crise sanitaire a mis en exergue le télétravail et son cadre.

 

Vers une régulation du télétravail ?

Les partenaires sociaux se sont rencontrés pour discuter du cadre législatif à poser :

  • Les entreprises doivent être libre de proposer ou non le télétravail
  • Les syndicats refusent la généralisation du télétravail
  • La question de la prise en charge financière du travail à la maison a été posée
  • L’importance de séparer la vie privée de la vie professionnelle

 

Vers une généralisation du télétravail pour les salariés ?

D’après un sondage réalisé par Atland voisin et Opinionway (parmi les Français qui peuvent télétravailler),  4% des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15% à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63% pensent qu’il se pratiquera 1 à 2 jours par semaine.

Pour ces-derniers, le bureau reste considéré comme le lieu clé de vie des entreprises.

 

Les bureaux, indispensable pour les entreprises et salariés

 

L’importance des bureaux pour les salariés

À date, 60% des actifs ne sont pas concernés par le télétravail et près des 3 / 4 concernés souhaitent que la pratique reste minoritaire dans leur quotidien.

In fine, 73% des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel : 1 ou 2 jours par semaine.

Les salariés ont besoin d’un espace dédié au travail en dehors de chez eux.

« La qualité de l’immeuble est un atout pour attirer les employés et offre un cadre adapté aux employés », d’après Jean-Christophe Antoine, Président d’ATLAND VOISIN.

La productivité des salariés est bien meilleure lorsque les salariés sont au bureau. Ils avancent plus rapidement sur les projets et peuvent transmettre.

 

L’importance des bureaux pour les entreprises

Exemple d’IBM :

En 2009, le télétravail été imposé progressivement par le groupe. En 2017, IBM fait machine arrière et impose un retour au bureau plus régulier. D’après l’entreprise, le manque d’interactions a entrainé la baisse de productivité. De même que l’absence mixité entre anciens et jeunes a mise à mal le principe de transmission de savoir, ce qui est indispensable pour développer un business.

 

Les entreprises ont besoin de sécuriser leurs données.

Le fishing et la cybercriminalité ont augmenté avec le télétravail. Les entreprises doivent investir dans des réseaux pour protéger leurs données, ce qui n’est pas possible avec des salariés dispersés.

 

En conclusion :

Il est évident que le télétravail va continuer de se développer de plus en plus notamment dans les grandes villes, où la concentration urbaine est importante. Pour autant, il est à noter que sa généralisation est incompatible avec les besoins des entreprises et des salariés. L’immobilier professionnel dit de bureau ne va pas disparaître mais sera adapté à une nouvelle demande. 

Le coworking continuera de s’étendre et on privilégiera des espaces plus « qualitatifs » que « quantitatifs ». Le télétravail et l’immobilier de bureaux ne sont pas des termes antinomiques mais complémentaires. 

L'auteur de l'article
Nicolas PEYCRU

Nicolas est titulaire d’un magistère Banque Finance de Paris Dauphine et d’un MBA de la Washington University, il a débuté sa carrière en Private Equity à la CDC avant de se tourner vers le conseil en stratégie.

Il a par la suite rejoint un grand cabinet parisien de gestion privée dans lequel il a occupé différentes fonctions de Management avant de créer le cabinet Euodia avec 3 associés en 2009.

En 2010, il a été nominé au trophée de la gestion de patrimoine organisé par Invesco et Gestion de Fortune.

Passionné par les nouvelles technologies, il a souhaité démocratiser la gestion de patrimoine pour le plus grand nombre au travers de différents sites internet démocratisant les outils de la gestion de patrimoine.

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