Patrimonia Capital et Rendement : pourquoi la SCPI est dissoute ?
SCPI | 3 min. de lecture
Sommaire
Une dissolution dictée par la réglementationUne SCPI qui n’a pas trouvé sa place dans un marché saturéUne procédure de dissolution parfaitement sécurisée pour les associésDes performances prometteuses… qui n’ont pas suffiUne dissolution qui pose la question de la pérennité des petites SCPIUn marché qui pourrait entrer dans une phase de consolidationEn bref : une dissolution encadrée, sans perte pour les investisseursLa société de gestion Patrimonia Capital a annoncé la dissolution anticipée de sa SCPI Patrimonia Capital & Rendement, commercialisée depuis novembre 2024. En raison d’une collecte insuffisante, le véhicule ne parvient pas à respecter les exigences réglementaires imposées aux SCPI nouvellement créées. Résultat : tous les souscripteurs seront remboursés à 100 %, y compris les frais d’entrée, sans aucune perte en capital.
Ce scénario, encore rare sur le marché, met en lumière les fragilités des jeunes SCPI dans un secteur devenu très concurrentiel.
Voici tout ce qu’il faut retenir.
Une dissolution dictée par la réglementation
La réglementation des SCPI impose qu’un véhicule atteigne, dans l’année qui suit son ouverture aux souscriptions, au moins 15 % de son capital social statutaire maximum. À défaut, la SCPI doit être liquidée, et les associés immédiatement remboursés.
Dans le cas de Patrimonia Capital & Rendement :
-
capital statutaire maximal : 25 M€ ;
-
seuil obligatoire : 3,75 M€ à collecter avant le 7 novembre 2025 ;
-
collecte publique réalisée : moins de 1,8 M€, soit moins de 50 % du seuil exigé.
N’ayant pas atteint la barre réglementaire, la dissolution doit être soumise au vote lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 25 novembre 2025.
Une SCPI qui n’a pas trouvé sa place dans un marché saturé
Malgré un positionnement attractif à son lancement – notamment un patrimoine immobilier apporté dès la création par le groupe Patrimonia –, Patrimonia Capital & Rendement n’a pas réussi à s’imposer.
Les raisons principales :
1. Une concurrence historique depuis 2024
Le marché a connu 18 lancements de SCPI en 2024 puis 11 nouveaux produits en 2025, saturant les capacités de distribution et éclipsant les nouveaux entrants.
Les CGP et réseaux bancaires privilégient aujourd’hui des SCPI :
-
disposant d’un historique prouvé,
-
positionnées à l’international,
-
ou gérées par des acteurs dotés d’un fort track-record.
2. Une collecte très concentrée
Une poignée de SCPI captent l’essentiel de l’épargne, tandis que de nombreux véhicules récents peinent à dépasser le seuil critique qui leur permettrait de se développer.
3. Une stratégie 100 % française moins attractive en 2025
Le marché est devenu plus exigeant : les SCPI diversifiées en zone euro (logement géré, santé, data centers, logistique verte) monopolisent l’attention des distributeurs.
Dans ce contexte, une stratégie exclusivement française n’a pas suffi à mobiliser les CGP.
Une procédure de dissolution parfaitement sécurisée pour les associés
Les investisseurs sont intégralement protégés grâce au mécanisme de garantie bancaire imposé lors de la création de toute SCPI.
Concrètement :
-
La banque caution rembourse immédiatement les investisseurs après la dissolution.
-
La SCPI n’ayant réalisé aucune acquisition, la totalité des fonds collectés est disponible et sera reversée sans délai.
-
Le patrimoine immobilier apporté par les fondateurs sera repris par le groupe Patrimonia, sur la base d’expertises indépendantes, comme lors de l’apport initial.
À ce stade, aucune perte en capital n’est envisagée pour les associés.
Des performances prometteuses… qui n’ont pas suffi
Fait notable : si la SCPI n’a pas rencontré son public, ses indicateurs financiers étaient pourtant solides.
-
Taux de Distribution théorique glissant (sept. 2025) : 6,23 %
-
Revalorisation du prix de part (mars 2025) : +5 %
-
Performance Annuelle Globale théorique : 11,23 %
-
Dividende trimestriel 2025 : 3,45 € par part, versé trois fois
Un paradoxe qui rappelle une réalité du marché : la performance ne garantit pas la survie d’une SCPI lorsque la collecte ne suit pas.
Une dissolution qui pose la question de la pérennité des petites SCPI
La situation met en lumière un phénomène préoccupant dans le secteur :
1. Les jeunes SCPI peinent à atteindre la taille critique
Sans collecte suffisante, impossible :
-
d’investir,
-
de diluer les frais,
-
de générer des revenus stables,
-
ou de financer les coûts de structure.
2. Les sociétés de gestion de petite taille sont plus vulnérables
Les revenus issus des SCPI reposent principalement sur :
-
les commissions de souscription ⇒ dépendantes de la collecte ;
-
les frais de gestion ⇒ dépendants du patrimoine investi.
Sans collecte, la SCPI devient un centre de coûts impossible à rentabiliser.
3. Les SCPI sans frais d’entrée sont les plus exposées
Leur modèle repose sur les frais prélevés lors des acquisitions.
Sans collecte, pas d’investissement… et donc pas de revenus de gestion.
Rendement 2025
brut annuel
Prix de la part
Capitalisation
Un marché qui pourrait entrer dans une phase de consolidation
Selon plusieurs experts, dont Jonathan Dhiver (MeilleureSCPI.com), le marché pourrait connaître :
-
des regroupements de SCPI,
-
des fusions,
-
et potentiellement une concentration des sociétés de gestion.
Les SCPI récentes qui ne parviennent ni à collecter ni à investir pourraient être les premières concernées.
En bref : une dissolution encadrée, sans perte pour les investisseurs
La dissolution de Patrimonia Capital & Rendement n’est pas liée à un problème de gestion, mais à un obstacle réglementaire incontournable – aggravé par un contexte de marché ultra-concurrentiel.
Les associés seront remboursés intégralement et n’auront aucun impact financier négatif à déplorer.
Ce cas rappelle toutefois l’importance, pour les épargnants, de sélectionner avec prudence les SCPI très récentes, dont la pérennité dépend fortement de leur capacité à atteindre rapidement la taille critique.
Calculez vos gains potentiels
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.





